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Le Koala Barbu

[Tome 8] Hawkwood

Sur le champ de bataille de Crécy, les flèches anglaises sèment morts et confusion dans les rangs des cavaliers français. Incapable de passer ce rideau mortel, ceux-ci s’entêtent malgré tout au nom d’un esprit chevaleresque noble et saint. L’ancien et le nouveau monde s’affrontent, la noblesse contre la ruse.

 

Disons-le tout de suite : ce tome est excellent ! La stratégie laisse place dans ce volume, d’une part à la psychologie des personnages mais aussi et surtout à la lutte de l’esprit chevaleresque dans un monde qui a évolué et qui ne les donne plus gagnant. Les chevaliers français, nobles certes, mais surtout têtus, se font décimer et n’arrive pas à accepter que la tactique puisse l’emporter sur la vaillance. Une bataille remportée par l’archerie ? Inconcevable ! Plutôt mourir ! Et dans les deux camps cette situation est inacceptable. On voit les chevaliers anglais pris de honte en observant la bataille, le prince Edouard tout particulièrement ne peut approuver la décision de son père. Il lui faudra pourtant l’accepter : l’ère des chevaliers est morte. Et si le roi Edouard, par une pirouette, arrive à rassurer ses hommes et leur faire croire que la chevalerie règne encore sur ce monde, son fils, lui, n’est pas dupe. Les nobles règnent encore sur le champ de bataille certes mais n’ont plus rien d’héroïque. Seul la détermination pour la victoire compte, qu’importe les moyens utilisés.

 

Ce tome met en avant le désespoir et le dégout de ceux qui croyaient aux valeurs de piété, de bravoure et d’honneur. Les chevaliers français sombrent dans la colère et la désolation tandis que honte et désillusion frappent le prince Edouard.  Et je dois dire que l’auteur à réussi à parfaitement retranscrire les différents états d’âmes des personnages. En tant que lecteur, nous nous sentons à la fois dégoutés et admiratifs des méthodes utilisées par le roi d’Angleterre. Même Hawkwood finit avec un goût amer en bouche. En effet, si tactiques et stratégies militaires donnent le ton de la bataille, la noblesse est encore loin de le reconnaitre et préfère se cacher derrière une hypocrisie sans limite. Comme le dit si bien le génois Otto Doria avant de mourir : si le temps des chevaliers est révolu, « l’ère des mercenaires, elle, ne vient pas ». L’auteur joue pleinement sur la psychologie des personnages et le fait avec finesse. On se sent réellement impliqué dans les conflits moraux que traversent le roi Edouard, le prince, mais aussi les chevaliers anglais comme français.

 

A noter que les scènes de batailles de ce dernier tome sont épiques, belles avec quelques pages carrément sublimes. Si on compare au premier tome, il y a un vrai progrès concernant le dessin. Celui-ci est plus fluide mais surtout bien plus détaillé sur certaines planches. Et c’est ce simple fait qui fait passer le dessin de grossier dans les premiers tomes à vraiment beau dans les derniers.

 

A la fin du manga, on finit sur un Hawkwood carrément motivé, à la limite du revanchard. Méprisant les chevaliers pour leur hypocrisie sans limite, notre héros est bien décidé à contribuer à la naissance de l’ère des mercenaires. Et le petit frisson y est ! Et c’est ça la plus grande évolution de Tommy OHTSUKA : sur les derniers tomes, on vibre enfin pour ses personnages ! Et… c’est la fin. La fin du manga.

 

Pour la petite anecdote personnelle, je ne savais pas lors de ma lecture, que c’était la fin du manga. Et si j’ai pu critiquer certaines maladresses de l’auteur tout au long de l’épopée Hawkwood, si j’ai pu dire que le manga n’était pas une grande œuvre mais une aventure tout juste sympathique à lire, j’ai eu au final un petit pincement au cœur quand je me suis rendu compte qu’il n’y aurait plus de suite. Et c’est là que je me suis dit « ben c’était cool en fait… vraiment ! Rien de dingue mais ça se lit tranquillement et avec plaisir. Ouai… c’est un manga cool quoi ! ». 8 tomes à découvrir, 49 chapitres à lire, foncez ! ça ne changera pas votre vie, mais vous passerez un bon moment. Un moment cool !

 

Ps : En lisant ce volume 8 je me suis rendu compte d’un fait que je n’avais jamais vraiment mis en avant et qui mérite pourtant d’être souligné. À savoir la traduction française ! En effet, celle-ci est bien réalisée et contribue entièrement au plaisir de lire Hawkwood. J’ai appris notamment beaucoup de vieilles expressions et de mots soutenus, renforçant la dimension « moyen-âge » et « chevalerie » du manga. Et ce travail-là mérite d’être mis en avant car il apporte un réel renforcement dans l’immersion de cet univers. Oui, Il m’est arrivé d’ouvrir un dictionnaire au fil de ma lecture et j’ai envie de dire : "bravo pour ça messieurs et mesdames de l’édition Doki Doki ".

 

Le dernier tome de Hawkwood est une franche réussite. Les personnages sont bien écrits, l’évolution de la bataille est prenante, on vibre pour nos héros… On assiste principalement à une bataille qui devient le symbole de la lutte entre l’esprit chevaleresque et l’esprit de la victoire à tout prix sans code ni honneur. Tommy Ohtsuka finit donc son manga sur une bonne note, ayant clairement réussi à nous impliquer dans son histoire ! Avec du recul, ces 8 tomes d’Hawkwood… ben c’était bien. Pas extraordinaire, mais assurément cool !

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